NOUVELLE RUBRIQUE :
Présentation de livres par la Communauté de la Rose et de l’Épée

Pour commencer cette nouvelle rubrique, nous aimerions présenter l’ouvrage Piété pour le Cosmos de Giovanni Monastra et Philippe Baillet, paru en 2017 chez Akribeia. Monastra est biologiste de formation et Baillet est connu, entre autre, pour ses traductions des œuvres de Julius Evola et comme l’auteur de nombreux ouvrages dont Le parti de la vie.

Piété pour le Cosmos mérite le plus grand intérêt surtout pour ceux qui pensent encore que l’écologie est l’affaire de babos gauchistes mal rasés ou de bobos adeptes du recyclage et des magasins bio. Si depuis les années soixante-dix, l’écologie s’est politisée pour devenir la propriété de la gauche, voir de l’extrême gauche, il n’en a pas toujours été ainsi. Le livre retrace l’historique de la pensée écologique à partir de la fin du XIXème siècle. Les auteurs nous montrent que la démarche écologique est à l’origine « conservatrice » dans le sens où son but est de conserver l’équilibre des forces d’un écosystème comme on le dirait aujourd’hui. L’écologie profonde est donc en réaction, dès l’origine, avec le progrès industriel que le capitalisme, le socialisme ou les régimes totalitaires de gauche comme de droite ont toujours fait accélérer pour défendre et promouvoir leurs intérêts. Nous découvrons ou redécouvrons au fil des pages de nombreux écrivains, scientifiques, philosophes et hommes de terrains que le système tente de faire oublier. La société masque ainsi le fait qu’à l’époque où ces hommes présentés dans « Piété pour le cosmos » parlaient, les partis politiques que l’intelligentsia bienpensante représente actuellement, étaient en train de nous faire plonger dans la crise que nous vivons aujourd’hui. À titre d’exemple, le forestier Günther Schwab (1904-2006), dont les livres sommeillaient tranquillement dans notre bibliothèque communautaire, ont connu un regain d’intérêt suite à la lecture de l’ouvrage que nous présentons. Nous avons donc pu constater que dès les années cinquante (et même avant pour d’autres), c’est-à-dire soixante-dix ans avant la pop star Greta Thunberg, un allemand nommé Günther avait déjà sonné l’alarme concernant le climat, le nucléaire, l’industrie agroalimentaire, sur tous les ravages de la société industrielle… et puis… RIEN ! Rien n’a été fait à grande échelle pour éviter que les générations nées comme la mienne dans les stupides années quatre-vingt n’aient à payer les pots cassés de la racaille financière et industrielle internationale. Pardon je m’emporte… Sur le plan politique, les auteurs sont classés à droite, mais lorsque l’on parle pour la nature est-on encore de droite ou de gauche ? La Terre et toutes les substances et êtres vivants qu’elle contient sont-ils marxistes, hitlériens, macronistes, ou pierrerabhistes ? Je vous laisse y réfléchir.

Pour conclure, ce livre ne se veut pas nostalgique d’un passé qui ne reviendra plus mais se tourne bien vers le futur. Il ne donne pas de fausses solutions mais pose les vraies questions actuelles, les défis du XXIème siècle qui dépassent le cadre de la politique nationale étriquée et de l’égoïsme ravageur du pouvoir bancaire international. Les auteurs nous font réfléchir au véritable sens du mot écologie : « l’écologie est un discours sur l’oïkos, mot grec qui signifie « maison, foyer », mais qui peut aussi être entendu dans le sens de « milieu, environnement ». La véritable écologie pourrait donc être définie en première approximation comme la théorie et la pratique de la façon juste, car conforme à la perpétuation ascendante du vivant, d’habiter la « Maison commune » des êtres vivants, à savoir la Terre. » (p.72) Nous découvrons aussi la notion allemande Heimat, « que l’on oppose volontiers à Vaterland (la terre des pères, la nation). Heimat désignerait « la patrie intérieure », une sorte de paysage intérieur ancestral que l’on porte en soi et que l’on emporte partout, quand bien même on vivrait à des milliers de kilomètres de la mère patrie. En tant que patrie intérieure, le Heimat n’est pas nécessairement lié à un territoire aux frontières définies et reconnues. » (p.92)

Enfin, Piété sur le Cosmos nous plonge dans une méditation sur ce fameux Cosmos, l’Ordre qui réunit la terre, l’homme et les étoiles. Si Giovanni Monastra milite pour une « aristocratie de l’écologie profonde », nous nous reconnaissons dans cet idéal spirituel qui s’élève bien au-dessus de l’enfer industriel durable. Voilà pourquoi nous conseillons vivement la lecture de Piété pour le Cosmos qui est une juste remise à l’endroit des origines de l’écologie et une ouverture vers un combat social et spirituel pour redevenir de loyaux sujets du Roi Cosmos.

Maxime Billaud

 

Vous voulez nous soutenir ? Des dons mensuels de toutes petites sommes peuvent nous aider grandement ! C’est ici :