Les Brigandes – Notre Seigneur

Dans l’album Errant et fugitif des Brigandes, une chanson est passée inaperçue, elle n’a pas fait l’objet d’un clip, alors qu’à l’origine son message puissant devait être largement répandu. Cette chanson c’est Notre Seigneur, la septième piste de l’album. Quoi de mieux que de la diffuser maintenant, en cette période de Noël ?

La genèse de ce titre remonte à octobre 2016, lorsque le chanteur Leonard Cohen sort ce qui sera son dernier album puisqu’il décédera un mois plus tard, le 7 novembre. La chanson éponyme du disque You want it darker (Tu veux que ce soit plus sombre) apparaît comme le testament musical de Cohen. Le chanteur juif canadien débite avec sa voix calme et profonde habituelle une sorte de déclaration de foi frankiste. Rappelons que le frankisme est une doctrine issue du judaïsme qui entend qu’il faut faire dégénérer les sociétés au point le plus bas pour que le messie d’Israël puisse apparaître et enfin guider toutes les nations. Ainsi, Cohen déclare comme un mantra à son Dieu : « You want it darker, We kill the flame » (Tu veux que ce soit plus sombre, nous tuons la flamme). L’ambiance est moderne, arrangée par un fidèle collaborateur de Madona, juste ce qu’il faut pour que tout le monde écoute sans être gêné… un beat, une grosse basse, de l’orgue et une chorale. Pour accentuer le côté sacré, le chœur et un soliste viennent ponctuer le discours de Cohen par le mantra hébraïque « Hineni Hineni ! » (Me voici !) Que Leonard traduit aussitôt : « I’m ready, my lord » (Je suis prêt, Seigneur).

Joël LaBruyère, compositeur des chansons des Brigandes, hébraïsant et fin connaisseur des œuvres de Bob Dylan et de Leonard Cohen, découvre un jour sur YouTube la dernière chanson du vieux prophète canadien. Son sang ne fait qu’un tour dans ses veines… et lui-même un tour sur sa chaise de bureau. Il empoigne sa guitare folk Guild, blonde et bien galbée. Quelques heures, quelques jours passent et la chanson Notre Seigneur nous est servie en guise de dessert à la table communautaire, comme c’est encore la tradition à l’époque de notre récit. Les femmes applaudissent, les hommes aussi et… j’écoute la chanson folk qu’il va falloir instrumentaliser. Le texte est une pure déclaration de foi chrétienne : « Oh, notre Seigneur ! Il a vaincu la mort ! Ressuscité, pour nous ramener dans l’Éternité ». À l’opposé du messianisme de Cohen, Joël met en garde contre l’attente d’un sauveur revenu pour unir politiquement l’humanité « dans ce monde » et qui incarnerait ainsi le leader de l’ordre mondial.
Il fait écho à l’évangile en écrivant : « Si on vous dit le voilà, surtout ne le suivez pas ! » Le thème de cette chanson est tout à fait apocalyptique, c’est une mise en garde contre le faux prophète et la Bête : « Notre Dieu n’est pas le même, que celui qui séduit les élus eux-mêmes, qui fait des prodiges sur la Terre, qui vient comme un ange de lumière… »
Si le message est chrétien, il est tout intérieur, gnostique, comme Joël LaBruyère l’exprime dans sa vidéo sur la chanson Là-haut, ou encore celle sur la Gnose et le Manichéisme. C’est ce christianisme des origines qui se manifeste dans ces dernières paroles :
« Oh, Notre Seigneur, Il n’est pas au-dehors.
Il ne vient pas comme un voleur, car son temple est dans le cœur.
Notre Seigneur n’est pas le même, que l’imitateur qui blasphème,
En se parant des noms sacrés, pour égarer le monde entier,
Notre Dieu est dans le secret, il y demeure à jamais. »

C’est pour affirmer cela que la chanson Notre Seigneur a vu le jour et pour signifier au monde que « Christ n’est pas sur la même antenne… Que le messie de Leonard Cohen. »

Alléluia !

Maxime Billaud

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