Le végétarisme, une tradition antique

« Le peu de végétariens par philosophie ont fait plus pour l’humanité que tous les philosophes modernes. » (Friedrich Nietzsche)

Le point commun entre Friedrich Nietzsche, Brigitte Bardot, Léonard de Vinci et Pythagore ? Ils sont végétariens !

« Vous êtes végétarien ? Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir vous préparer ? Je ne peux tout de même pas vous servir que des légumes à l’eau ! » Ah, combien de fois avons-nous entendu cela ! « En France, on a toujours mangé de la viande, c’est la tradition, le respect du terroir, c’est notre identité ! »
Certes, la France n’a pas une tradition végétarienne… Mais autrefois, consommait-on de la viande à la même fréquence qu’aujourd’hui ? Certainement pas ! Question de bon sens !
D’où venait la viande ? Soit de la chasse, soit de l’élevage.
La chasse, il n’y avait que la noblesse qui avait le droit de s’y adonner. Ce n’était donc le lot que d’une minorité de personnes, conscientes de devoir faire attention à ne pas abuser afin de ne pas exterminer la faune de leurs territoires.
L’élevage, qui concernait les paysans, n’était pas intensif à outrance comme aujourd’hui. Un paysan possédait – s’il en possédait – quelques cochons, vaches, etc. Il ne pouvait pas tuer une bête pour en manger à tous les repas… Et cela a été vrai (pour les paysans) jusqu’à ce que l’industrie fasse son apparition.
Avec l’industrie, il est vrai qu’il est maintenant possible de manger la quantité de viande que l’on veut… et même à tous les repas. Mais au prix d’une souffrance animale à grande échelle.
D’ailleurs, on parle de « viande », mais n’est-ce pas d’un animal, d’un être vivant dont il est question ? Cela m’a sauté aux yeux en l’écrivant : derrière ce mot se cache de la chair que l’on a prise à un animal auquel on a fait subir d’atroces souffrances pour pouvoir en manger plus ; et, pour oublier cela et pouvoir continuer à en manger, on appelle cela de la « viande ».

« Si l’homme civilisé devait tuer lui-même les animaux qu’il mange, le nombre des végétariens augmenterait de façon astronomique. » Christian Morgenstern (1871-1914), poète allemand.

Il est frappant de voir les gens s’indigner lorsqu’ils observent des animaux en tuer d’autres pour se nourrir. Un chat tuant un mulot ou une lionne tuant une gazelle… sont-ils plus cruels que les hommes qui élèvent des animaux dans d’abominables conditions en vue de les tuer plus que cruellement pour les manger ? Vous concèderez que, contrairement aux animaux carnivores, l’homme peut se nourrir de bien d’autres choses que de la chair animale ! De grands esprits de l’Antiquité l’affirmaient déjà :
« Il [l’humain] mange de la viande sans y être poussé par la nécessité ou le manque de vivres, puisqu’au fil des saisons, il peut successivement moissonner, cueillir, engranger toutes sortes de végétaux et de céréales jusqu’à satiété ; mais le dégoût des nourritures naturelles et l’envie de plaisirs nouveaux le poussent à rechercher des aliments défendus, souillés par le meurtre d’animaux – et il se montre alors bien plus cruel que les bêtes les plus féroces. » Plutarque (46-125), écrivain et philosophe grec.

« La terre donne des richesses en abondance et de la nourriture pacifique. Elle nous offre des repas qui ne sont tachés ni de sang ni d’assassinat. » Pythagore (582-500 av. J.-C.).

Le végétarisme pour raisons spirituelles

Lorsque l’on a ainsi pris conscience de l’horreur de l’abattage industriel et qu’il y a moyen de s’y soustraire, on se tourne tout naturellement vers le végétarisme. Heureusement, ce régime est bien loin d’être nouveau. On peut sans mentir parler à son sujet d’une tradition plurimillénaire dans le genre humain.
En effet, on retrouve par exemple cette tradition dans le brahmanisme de l’Inde. Les brahmanes sont végétariens depuis des siècles, voire des millénaires, afin de garder le corps pur et l’esprit clair.
On nous répondra que cela est peut-être vrai pour les peuples d’Orient mais qu’en Occident, la tradition c’est d’être un bon vivant autour d’une table parsemée de « viande froide » et autres charognes.
Cependant, si l’on s’intéresse sincèrement à la question, il apparaît que des penseurs occidentaux, et non des moindres, se sont prononcés en faveur du végétarisme :
« Comme dernière conséquence du meurtre des animaux, le sang humain, abruti, ne peut plus s’élever aux choses intellectuelles. » Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704).

« Si l’homme cherche sérieusement et honnêtement la voie de la morale, la première chose qu’il doit abandonner est la consommation de viande. »
« Le végétarisme vaut comme critère de base avec lequel nous pouvons reconnaître si l’homme aspire sérieusement à une perfection morale. La nourriture carnée est un résidu primitif ; le passage à une alimentation végétarienne est la première manifestation de l’instruction. »
Léon Tolstoï (1828-1910).

Comme le disaient, en connaissance de cause, ces penseurs, travailleurs de l’esprit, l’absorption de chair animale est une entrave au bon fonctionnement de notre pensée. Pour que celle-ci puisse s’élever, il est bon d’éviter tout alourdissement. Et à ce sujet, mêler un sang animal au nôtre est du plus mauvais effet.
« Le corps alourdi par des plats de viande sera frappé par les maladies, alors qu’un mode de vie modéré fait un corps sain et fort et coupe le mal à la racine. Les vapeurs de viande obscurcissent la lumière de l’esprit. La viande excite des mouvements d’impureté, et l’âme, étant comme étouffée par la pesanteur, ne peut être la maîtresse, ni garder la règle du discernement. » Saint Basile (330–379).

« Il vaut mieux être heureux, dit-il, que de rendre nos corps pareils à des tombes pour les animaux […] L’apôtre Mathieu mangeait des grains, des noix et des légumes, et s’abstenait de toute chair. » Clément d’Alexandrie (160-240).

« Il est bien de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, et de s’abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute, de scandale ou de faiblesse. » Saint Paul, Épître aux Romains (14:21).

Tout comme l’alcool agit directement et visiblement sur notre conscience, la chair animale influe moins rapidement et plus discrètement, mais très certainement, sur nos facultés à appréhender les choses supérieures.

« Il n’est pas douteux qu’il faille conserver la santé : mais ce n’est point par la crainte de mourir ; c’est afin de ne point trouver d’obstacles dans la contemplation de la vérité. », affirmait Porphyre (233-305), philosophe grec néo-platonicien, dans un traité au nom sans équivoque : De l’abstinence d’être animé.

Porphyre ajoute : « Elle sait [la raison] que lorsque l’estomac est trop plein, l’homme est incapable d’agir, et ne désire que le sommeil. Elle sait que lorsque le corps est trop gras, ses chaînes en deviennent plus fortes, et qu’il en est moins capable de remplir ses vrais devoirs. »

Personne ne peut nier qu’aujourd’hui les animaux destinés à l’alimentation humaine sont élevés et abattus dans des conditions de torture. La détresse ressentie par ces innombrables bêtes empoisonne leur sang qui par la suite se retrouve dans celui de leurs consommateurs.
« Lorsque l’âme d’un animal est séparée de son corps, par violence, elle ne s’en éloigne pas, et se tient près de lui. » Porphyre.

Par ailleurs, le sang animal mélangé au sang humain ne fait que réveiller d’autant plus le côté bestial de l’Homme.

« Tant que les hommes massacreront les animaux, ils s’entretueront. Celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut récolter la joie et l’amour. » Pythagore.

« Tant que l’homme se nourrira de chair animale, et martyrisera les animaux, il restera en lui quelque chose de sauvage, aussi il ne connaîtra ni la santé, ni la paix » Victor Hugo.

Le végétarisme pour raisons de santé

Néanmoins, si la volonté de préserver une conscience claire et aiguisée est la raison la plus noble, mais élitiste, de pratiquer le végétarisme, un mobile plus simple pourrait vous sensibiliser à la question.
Effectivement, le régime végétarien a un effet plus que positif sur la santé.

« Ma mère croyait, et je le crois aussi, que cette nourriture [carnée], plus succulente et plus énergétique en apparence, contient en soi des principes irritants et putrides qui agitent le sang et abrègent les jours de l’homme… » Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Mais cette motivation reste la plus sommaire et la plus égoïste. La cause qui apparaît la plus élémentaire est la raison éthique de ne pas infliger de la souffrance au règne animal. C’est le combat que mènent les associations Fondation Brigitte Bardot et L214 pour faire cesser les abominations humaines sur tous ces animaux sans défense.

Le végétarisme pour raisons éthiques

« L’homme a peu de chances de cesser d’être un tortionnaire pour l’homme, tant qu’il continuera à apprendre sur l’animal son métier de bourreau. » Marguerite Yourcenar citée par Brigitte Bardot.

« Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. » Article L214 du Code Rural et de la Pêche Maritime.

Toutefois, l’horreur de l’abattage du règne animal ne date pas d’aujourd’hui et de grands hommes y ont été sensibles.

« On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas. » Alphonse de Lamartine.

« Quiconque tranche avec un couteau la gorge d’un bœuf et reste sourd aux meuglements d’effroi, quiconque est capable d’abattre de sang-froid le chevreau hurlant et mange l’oiseau qu’il a lui-même nourri, est-il encore très éloigné du crime ? » Pythagore.

« Le premier, [Pythagore] fit un crime à l’homme de charger sa table de la chair des animaux ; le premier, il fit entendre ces sublimes leçons qui ne furent pourtant pas écoutées : "Cessez, mortels, de vous souiller de mets abominables ! Vous avez les moissons ; vous avez les fruits dont le poids incline les rameaux vers la terre, les raisins suspendus à la vigne, les plantes savoureuses et celles dont le feu peut adoucir les sucs et amollir le tissu ; vous avez le lait des troupeaux, et le miel parfumé de thym ; la terre vous prodigue ses trésors, des mets innocents et purs, qui ne sont pas achetés par le meurtre et le sang." » Livre XV des Métamorphoses d’Ovide (an 8 ap. J.-C.).

« Je ne vois aucun moraliste parmi nous […] qui ait fait la moindre réflexion sur cette habitude affreuse [« se nourrir continuellement de cadavres »]. Il faut remonter jusqu’au pieux Porphyre, et aux compatissants pythagoriciens pour trouver quelqu’un qui nous fasse honte de notre sanglante gloutonnerie, ou bien il faut voyager chez les brahmanes ; car, […] ni dans nos assemblées du clergé, ni dans nos académies, on ne s’est encore avisé de donner le nom de mal à cette boucherie universelle. » Voltaire (1694-1778).

« Il est vrai que l’homme est le roi de tous les animaux car sa cruauté dépasse la leur. Nous vivons de la mort des autres. Nous sommes des cimetières vivants ! » Léonard de Vinci.

Conclusion

Plus qu’un simple régime, le végétarisme est une pratique qui agit aussi bien sur l’hygiène du corps que sur celle de l’Esprit.

« Toute la philosophie antique était orientée sur la simplicité de la vie et enseignait une certaine sobriété. De ce point de vue, le peu de végétariens par philosophie ont fait plus pour l’humanité que tous les philosophes modernes, et tant qu’ils n’ont pas eu le courage de chercher un mode de vie différent et de l’indiquer comme exemple, ils ne porteront aucun fruit. » Nietzsche (1844-1900).

Certes, dans les temps actuels la mode n’est plus tant à la véritable spiritualité, qui requiert un Esprit clair et léger, mais plutôt à la jouissance sans entrave. Cependant, pour celui qui cherche le chemin conduisant à des horizons supérieurs, le végétarisme en est la première marche.

« Jésus m’ordonna de ne pas manger de viande et de ne pas boire de vin, et de me nourrir uniquement de pain, d’eau et de fruits, afin que je sois considéré comme pur lorsqu’il souhaite me parler » Saint Paul, Toledoth Jeschu.

 

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