Le Lion Massoud s’est envolé il y a vingt ans

Beaucoup d’encre coule déjà dans les journaux occidentaux pour raviver la mémoire d’Ahmad Shah dit Massoud (le chanceux). Il demeure le grand résistant face à l’invasion des forces de l’U.R.S.S. dans les années 80 et contre la montée au pouvoir des Talibans dans les années 90. Nous ne connaissons pas l’Afghanistan. Nous n’avons jamais rencontré Massoud, mais ce que l’on a ressenti de son combat et de son esprit nous a plu, comme ces paroles qu’il prononçait en 1997 :

«  Nous nous battons pour la liberté. Pour moi, la pire des choses serait de vivre en esclave. On peut tout avoir, à manger, à boire, de quoi se vêtir, un toit où se loger, si on n’a pas la liberté, si on n’a pas la fierté, si on n’est pas indépendant, cela n’a ni goût, ni valeur. »

Joël Labruyère et Les Brigandes ont produit une chanson en son honneur dans leur disque La mort n’est utile à personne (2020).

Nous nous contenterons de saluer le guerrier en citant les derniers vers, traduit du persan, du poète Hafiz que Massoud lisait la nuit précédant son assassinat :

« Ce qui a voilé mon âme, c’est la poussière de mon corps
À quand donc le moment venu où de ce visage j’enlèverai le voile
Avec mon chant paradisiaque, je ne mérite pas de languir dans une cage
Que je m’envole vers la roseraie car je suis bien l’oiseau venant de l’Éden
Il n’a jamais été certain, pourquoi suis-je ici et où m’en irais-je !
Ma négligence, hélas, m’a fait ignorer ma destinée et cela m’est si pénible
Comment donc pourrais-je m’envoler vers l’azur sacré
Tandis que je reste cloîtré dans ma prison corporelle ?
Du sang qui s’écoule de mon cœur, l’arôme du désir demeure
Rien d’étonnant car j’ai souffert autant que le chevreuil porte musc de Khotan
Ne te laisse pas éblouir par ma chemise dorée comme un cierge
Car sous ma chemise sont cachées tant de flammes
Viens, ô Bien-aimé, et enlève l’être même de Hafiz d’ici
Car en ta présence on ne m’entendra pas proclamer : voilà, c’est moi ! »

Massoud avait repoussé les Russes et ne collait pas avec l’image des fondamentalistes islamistes que les américains pouvaient « légitimement » combattre suite aux attentats du 11 septembre 2001. Une fois éliminé, Massoud ne dérangeait plus le plan d’envahissement de l’Afghanistan.

Conseil de lecture pour découvrir le Commandant Massoud :

Massoud au cœur de Mehrabodin Masstan et Pilar Hélène Surgers
Aux éditions du Rocher

Pour L’amour de Massoud de Sediqa Massoud
Chez XO éditions

Massoud l’Afghan de Christophe de Ponfilly
Aux éditions Gallimard

Le Clandestin, Dans La Guerre Des Résistants Afghans de Christophe de Ponfilly
Aux éditions Robert LaFfont

Vies clandestines de Christophe de Ponfilly
Aux éditions Florent Massot

Massoud : de l’islamisme à la liberté de Michael Barry
Aux éditions Louis Audibert

Le testament de Massoud du Général Philippe Morillon
Aux éditions Presses de la Renaissance